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Le forum annuel du Moyen-Orient sur le DNS : une discussion et un apprentissage dynamiques

9 juin 2022
Par Baher EsmatBaher Esmat

Le huitième forum du Moyen-Orient sur le système des noms de domaine (DNS) s’est tenu sur trois jours, du 16 au 18 mai. Plus de 200 personnes de la région y ont participé.

Comme je l’ai mentionné dans un billet précédent, le programme couvrait cette année divers sujets et aspects liés au DNS, dont certains représentent une priorité permanente de notre engagement dans la région et d’autres de nouvelles questions, soulevées pour la première fois dans le forum cette année. Les discussions ont été fructueuses, faisant apparaitre des perspectives intéressantes. Je vous résume aujourd’hui les points saillants et les principaux éléments à retenir de cet évènement virtuel.

C’est dans une optique régionale que les panélistes ont abordé l’industrie des noms de domaine. Ils ont été unanimes à dire que le Moyen-Orient est une région au potentiel énorme. Chacun d’entre eux a partagé son point de vue sur les deux dernières années et sur l’impact de la pandémie de COVID-19 sur leurs activités et opérations et apporté un éclairage précieux sur l’avenir de l’industrie dans la région. L’opérateur du domaine de premier niveau géographique (ccTLD) de l’Arabie saoudite (.SA) nous a appris qu’il a réorganisé son registre au cours de la pandémie pour adopter un modèle registre/bureau d’enregistrement. Cette réorganisation, combinée au bond des services en ligne, a entrainé une croissance sans précédent des enregistrements de domaines, atteignant 35 % au cours des deux dernières années.

Deux des principaux acteurs de l’industrie, le registre CentralNIC et le registre Tucows, sont également intervenus. Ils ont indiqué que ces deux années de pandémie ont en fait accéléré la transformation numérique au Moyen-Orient, créant de nouvelles opportunités de croissance dans divers secteurs, dont le marché des noms de domaines. Ils ont noté le potentiel de nouveaux domaines génériques de premier niveau (gTLD) et ont souligné les efforts que déploient certains ccTLD de la région pour se concentrer sur leurs marchés locaux.

Pour que la région puisse exploiter pleinement son potentiel, il reste du travail à faire. Ce message a été clairement relayé au cours de plus d’une séance. Des collègues du Bureau du directeur de la technologie (OCTO) de l’ICANN ont présenté un exposé sur les expériences de déploiement des extensions de sécurité DNS (DNSSEC) dans la région. L’exposé a fait état d’une prise de conscience accrue de l’importance d’améliorer la sécurité de l’infrastructure du DNS, et d’un plus grand nombre de requêtes de formation technique sur le sujet. Il a également révélé que si les gestionnaires de ccTLD et les fournisseurs de services de certains pays ont progressé dans le déploiement du DNSSEC, la majorité d’entre eux hésitent encore à suivre le mouvement.

Le même constat, à savoir qu’il reste encore beaucoup à faire, est ressorti de la discussion sur les noms de domaine internationalisés (IDN) et l’acceptation universelle (UA). Bien que l’arabe soit la langue dominante dans la majeure partie du Moyen-Orient, l’adoption des noms de domaine en écriture arabe a été lente. Il a été mentionné que moins de dix mille domaines en caractères arabes existent sur les quelque huit millions d'IDN enregistrés dans le monde. Il va donc sans dire qu’il reste beaucoup à faire pour promouvoir l’utilisation des noms de domaine et adresses électroniques en écriture arabe et pour améliorer leur acceptation universelle en ligne.

Parmi les nouveaux sujets abordés au forum cette année, citons les noms de domaine décentralisés, également connus sous le nom de domaines blockchain. Ce sujet a été proposé par des membres de la communauté qui souhaitaient s’informer davantage sur ces noms et l’effet qu'ils pourraient avoir sur le DNS. Ce panel était composé de deux intervenants, lesquels ont partagé des avis intéressants mais différents sur le sujet. Le premier intervenant était d'avis que ce à quoi nous assistons aujourd'hui avec l'évolution des services blockchain, ou Web3.0, est comparable à la révolution Web1.0 des années 1990. À l’époque, les dot-com ont connu de nombreux échecs, mais aussi de nombreuses réussites ; le Web3.0 connaitra lui aussi ses échecs et ses succès dans les années à venir. Le deuxième intervenant a comparé la situation actuelle des domaines blockchain à l’achat d’un terrain dans Second Life il y a plusieurs années : un échec total. Tous les deux se sont toutefois accordés à reconnaitre que la collision de noms serait l’une des menaces que pourraient poser ces noms. Le modérateur a fait référence au récent document de l’OCTO de l’ICANN sur les systèmes de noms alternatifs.

Bien qu’il se soit tenu à distance pour la deuxième année consécutive, le forum conserve son influence dans la mesure où il rapproche les participants de toute la région et offre une plateforme efficace pour l’engagement et l’échange de connaissances. Dans les faits, la tenue virtuelle du forum favorise la diversité des participants, puisqu’elle attire de nouveaux publics qui ne se seraient normalement pas déplacés pour y assister en personne.

Si vous n’avez pas pu assister à l’une des séances, vous trouverez l’ensemble des enregistrements disponibles ici.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué au succès du forum cette année, qu’il s’agisse d’intervenants, de participants ou de membres de la communauté dont la contribution nous a permis de mettre au point un programme particulièrement intéressant. Auriez-vous des suggestions à nous formuler ? Contactez-nous à l’adresse suivante meac.swg@icann.org. Sur ce, j’invite les participants et participantes au forum de cette année à prendre quelques minutes pour nous faire part de leurs commentaires en remplissant ce questionnaire.

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Baher Esmat

Baher Esmat

VP, Stakeholder Engagement - Middle East and Managing Director Middle East and Africa
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