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Il est temps d’appliquer les mises à jour technologiques de la décennie passée

29 avril 2014

Leo Vegoda

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« ... and I’ve seen it before
... and I’ll see it again
... yes I’ve seen it before
... just little bits of history repeating »


History Repeating, Propellerheads ft. Shirley Bassey

Lorsque Internet a commencé à croître rapidement au début des années 1990, il est devenu évident que l’approche par classe du routage, introduite en 1981, épuiserait très rapidement l’espace d’adressage IPv4 et qu’il était nécessaire d’améliorer l’efficacité d’utilisation. Le Routage inter-domaine sans classe (Classless Inter-Domain Routing - CIDR), a été présenté en 1993 et mis en place par la suite.

L’introduction d’une technologie ne nécessite pas forcément son application, et il a fallu plusieurs années pour que le routage par classe soit abandonné progressivement après 2000. Nous assistons actuellement à une situation similaire avec une autre nouveauté technologique, les numéros du système autonome (ASN).

Les adresses Protocole Internet (IP) sont le plus souvent utilisées comme identifiants uniques pour les périphériques servant à accéder à Internet, à fournir des services et à soutenir l’infrastructure du réseau. Les ASN constituent les identifiants uniques pour les domaines de routage des fournisseurs de services internet (FSI). Si une adresse IP est l’équivalent d’une adresse postale, un ANS est l’équivalent d’un code postal.

En 2007, le Groupe de travail de génie Internet (IETF) a accru la réserve d’ASN, passant d’un espace 16 bits contenant 65 536 numéros à un espace 32 bits contenant 4 294 967 296 numéros, d’une façon garantissant la compatibilité entre les ASN 16 bits et 32 bits. La Politique mondiale pour l’allocation de blocs ASN aux registres Internet régionaux (RIR) a été ratifiée l’année suivante. Celle-ci comprenait un calendrier de déploiement, à la fin duquel « l’IANA et les RIR cesseraient de faire une distinction » entre les ASN 16 bits et 32 bits.

En 2010, cette politique a été mise à jour par les cinq communautés d’adressage régionales, puis ratifiée par le Conseil d’administration, repoussant ainsi le délai d’un an. Il y a deux ans, j’ai écrit un article dans lequel j’indiquais qu’il n’y avait plus que trois blocs d’ASN 16 bits. À l’heure actuelle, il n’en reste presque plus rien et bientôt, personne ne pourra obtenir un nouvel ASN 16 bits.

Les ASN utilisés ont augmenté d’environ 3 000 entre début 2013 et 2014, et il reste presque autant de numéros 16 bits. Le Registre des numéros du système autonome de l’IANA dispose actuellement de moins de 500 numéros divisés entre les cinq RIR. Les FSI de transit souhaitant pouvoir prendre en charge de nouveaux clients à emplacements multiples devront très bientôt se concentrer sur le soutien aux ASN 32 bits.

Nous voilà en 2014 et certains nouveaux FSI rencontrent encore des problèmes avec des fournisseurs en amont qui n’acceptent pas leurs ASN 32 bits. La technologie existe mais tout le monde n’a pas pris les mesures appropriées, que ce soit dans l’infrastructure de routage ou dans les systèmes de soutien opérationnel. Il est temps que tous les fournisseurs de réseau soutiennent les ASN 32 bits pour la croissance et le bien d’Internet.

Leo Vegoda