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Acheteurs ! Soyez vigilants : les noms ne se valent pas tous

24 novembre 2021
Par Alain DurandAlain Durand

Si vous débutez dans le domaine des noms de domaine, que devez-vous savoir avant d’en acheter ?

On veut souvent acquérir un domaine « accrocheur », facile à prononcer et à écrire. On fait également des suppositions. Par exemple, vous pourriez supposer que tout client potentiel à travers le monde pourrait utiliser le nom de domaine de votre choix pour se connecter facilement avec vous, soit en cliquant sur un lien soit en saisissant le nom dans un navigateur.

Jusqu’à récemment, cette supposition était vraie. En règle générale, le nom de domaine que vous achetez auprès d'un bureau d'enregistrement accrédité par l'ICANN ou d'un revendeur peut être utilisé par n’importe quel internaute une fois que le système des noms de domaine (DNS) adéquat et les serveurs web pour ce domaine sont installés. C’est l’un des principaux avantages du DNS : les noms de domaine peuvent être interrogés par n’importe qui et de n’importe où dans le monde.

Et donc, qu'est-ce qui a changé ? À présent, quelques bureaux d'enregistrement accrédités par l'ICANN vendent des noms de domaine non-DNS. Pour le commun des mortels, ces noms de domaine peuvent ressembler à n’importe quel autre nom de domaine. Mais il y a un hic. Lorsque vous vous rendez sur le site web d’un bureau d’enregistrement et passez le curseur sur ces noms ou cherchez une clause de non-responsabilité, il est généralement indiqué que « ces noms de domaine ne sont pas encore compatibles avec la plupart des systèmes DNS traditionnels ».

Le terme « encore » peut induire en erreur les internautes. Les noms de domaine non compatibles avec le DNS doivent mettre en place une passerelle spécialisée depuis le monde DNS. Qu’est-ce que cela signifie pour l’internaute moyen ? C’est simple : si les internautes n’installent pas un logiciel spécifique sur leurs dispositifs numériques, ils ne pourront pas les utiliser. S’ils cliquent sur un tel lien, un message d’erreur apparaîtra indiquant que le domaine est introuvable. Pour que les internautes puissent se connecter à ces noms, ils auront le choix entre installer un navigateur spécifique, installer un plug-in spécial sur le navigateur de leur choix, ou configurer leur système de sorte à utiliser un résolveur du DNS qui servirait de passerelle vers le monde de la blockchain Handshake.

Les systèmes de résolution des noms en dehors du DNS existent depuis longtemps. On peut citer le service d’information réseau (Network Information Service, NIS) Sun Microsystem, l’architecture de l'objet numérique (Digital Object Architecture, DOA) ou même le Service de noms Ethereum (Ethereum Name Service, ENS), une autre solution basée sur une blockchain. Ces noms ont été commercialisés, avec un succès limité.

Étant donné que certains bureaux d'enregistrement accrédités par l'ICANN vendent désormais le NIS, la DOA ou autres domaines similaires en plus des noms de domaine standard, le risque de confusion chez des clients peu méfiants semble élevé. Comme nous le savons tous, les mises en garde indiquées en petits caractères n’expliquent pas forcément comme il se devrait aux clients les risques associés à ces noms, ou ne les en avertissent pas. Avant d’acquérir un nom de domaine, demandez au bureau d’enregistrement ou revendeur s’il fonctionnera avec le DNS. Et n’oubliez pas, soyez vigilants !

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Alain Durand

Principal Technologist
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