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Réflexions sur Genève

24 mai 2013

Nigel Hickson

J’ai eu le privilège de participer, la semaine dernière, à Genève, au Forum mondial des politiques de télécommunications de l’UIT (FMPT), aux côtés de Fadi, Tarek Kamel, Steve Crocker et d’autres membres du Conseil d’administration. Mis à part la pluie, ce fut une très bonne semaine !

Comme ceux qui suivent l’agenda de la gouvernance d’Internet auront pu le constater, une certaine appréhension dominait la scène avant la réunion, compte tenu des problèmes soulevés à la Conférence mondiale des télécommunications internationales (CMTI) en décembre dernier à Dubaï et du fait que cet événement, contrairement à celui de la CMTI, était censé aborder en réalité des questions liées à la gouvernance d’Internet ! Le FMPT, comme certains en faisaient l’hypothèse, allait-il être de l’avis que la gouvernance d’Internet relève de la compétence exclusive des gouvernements ou que l’adressage IP doit être assuré par l’UIT ?

En fait, pour ceux d’entre nous passionnément adeptes de l’approche multipartite, le résultat de la réunion a été très rassurant. Les six opinions officielles adoptées en matière de large bande, de connectivité d’Internet, de transition vers IPv6 et de coopération renforcée ont été très positives, dans la mesure où elles reconnaissent que toutes les parties de la communauté ont un rôle à jouer dans le développement et la gouvernance d’Internet. Cliquez ici pour lire les conclusions du FMPT.

Tout aussi important que le résultat du FMPT a été le processus qui l’a précédé et la façon dont les débats se sont déroulés à Genève.

En ce qui concerne le processus, à la place de nombreuses réunions multilatérales, nous avons eu un véritable processus multipartite où les gouvernements, les entreprises et les représentants de la société civile et de la communauté technique ont eu l’occasion de s’asseoir les uns à côté des autres pour contribuer, sur un pied d’égalité, à la rédaction de ces opinions. À l’instar de l’ICANN, il s’agit d’un processus parfois compliqué mais qui assure un engagement véritable de la part de tous.

Pour ce qui est du déroulement des débats à Genève, la bonne ambiance était au rendez-vous. Le ton a été donné par l’éloquence des discours d’ouverture de Fadi, qui a rappelé notamment l’évolution dans laquelle s’est engagé l’ICANN afin d’être à même de relever les défis qui se posent au niveau mondial, et d’Hamoudin Touré, le Secrétaire Général de l’UIT qui, en soulignant la nécessité de travailler en paix, a mis un casque bleu ! Mais le ton a également été donné par le processus auquel nous avons eu tous l’occasion de participer. À vrai dire, nous ne sommes pas tous d’accord les uns avec les autres. Cela serait anormal et plutôt ennuyeux. Mais nous avons réussi à démontrer que grâce à la coopération, nous pourrons faire des progrès pour mieux faire connaître au niveau mondial ce phénomène transformateur de la société et de l’économie.

Et ce n’était que le FMPT ! Personne ne sera sans doute surpris d’apprendre que Fadi, Steve et d’autres membres du Conseil d’administration et du personnel ont mené plus de 20 réunions bilatérales, ont participé à une réunion d’information avec l’OMC, ont eu une excellente discussion avec Hamadoun Touré et ont encore eu le temps de poser pour une séance photo.

Quelles seront les prochaines étapes? Nous allons travailler sans répit ; nous mènerons des discussions sur la gouvernance d’Internet dans le cadre d’un groupe de travail des Nations Unies sur la coopération renforcée –visant à identifier comment les gouvernements peuvent s’impliquer dans le contexte de leur rôle en matière de politiques publiques- et ensuite il y aura la Conférence de développement de l’UIT et les sessions de révision du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) au début de l’année 2014.

La communauté a beaucoup de travail à faire.

De gauche à droite : Tarek Kamel, Fadi Chehadé, le Secrétaire général de l’UIT Hamadoun Touré, Steve Crocker, Nigel Hickson.

Nigel Hickson