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Internet – une clé pour la croissance et pour la relance de l'emploi en Europe

6 mai 2015
Par Andrea BeccalliAndrea Beccalli

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L'ICANN, les ateliers sur la friction numérique du BCG en Italie et en Espagne – leçons tirées

« À partir des études sociales nous apprenons que l'incertitude crée de la friction, pareil à ce qui arrive avec nos économies »

(Narcis Serra, Président de l'IBEI)

Qu'est-ce qui empêche l'Espagne et l'Italie d'exploiter pleinement le potentiel de l'économie de l'Internet ? À un moment où les deux pays s'efforcent pour relancer leurs moteurs économiques, l'Internet pourrait être la clé pour une croissance et une relance de l'emploi – mais comment y parvenir ?

C'est sur cette question clé que l'ICANN et le Boston Consulting Group (BCG) ont conjointement modéré deux tables rondes en Italie et en Espagne, en collaboration avec l'« Agence italienne pour la stratégie numérique »à Rome en février et avec l'École d'études internationales de Barcelone (IBEI) dans le campus de Pompeu Fabra à Barcelone en mars. Les réunions multipartites de la table ronde visaient à discuter et à identifier des recommandations de politiques à partir desquelles « graisser les rouages » pour aider à stimuler leur économie d'Internet. Les deux réunions ont suivi les règles de Chatham house.

À partir de ces expériences avec l'Italie et l'Espagne, deux pays avec des classements similaires, à 49 et 47 respectivement, de l'indice mondial des frictions numériques, les constatations qui ont émergé révélaient les défis et les opportunités potentielles à venir.

Un nouvel écosystème et un nouveau discours pour le développement d'une économie numérique

L'alibi de l'infrastructure

Depuis un certain temps, le centre d'attention a en grande mesure été l'hypothèse unique que pour connecter plus de gens et pour favoriser la croissance économique numérique, il était nécessaire d'améliorer l'infrastructure. C'est certainement vrai - mais pas de manière suffisamment forte pour créer un environnement économique numérique sans friction.

Le détail des quatre piliers de l'indice des frictions numériques (infrastructure, industrie, individu, information) a révélé qu'il est nécessaire d'agir dans tous les piliers. L'intervention dans le secteur financier, l'accès au capital de risque ou les relations de confiance envers les transactions en ligne sont quelques exemples de la manière dont l'Italie et l'Espagne pourraient améliorer leur score de frictions numériques par le biais de politiques ciblées au-delà des investissements en infrastructure.

Éduquer pour innover

L'éducation a émergé comme un but fondamental à moyen ou à long terme pour stimuler la croissance économique numérique. Il est essentiel d'améliorer l'alphabétisation aussi bien en matière de langue que de compétences informatiques pour saisir les opportunités de l'économie numérique, y compris la création de davantage de contenu local pour se connecter avec la communauté mondiale.

PME en ligne !

Le modèle traditionnel des PME caractéristique des économies espagnole et italienne doit aujourd'hui évoluer et s'adapter aux opportunités et aux défis de l'Internet mondial. Le soutien à la création d'entreprises, les incubateurs d'entreprises naissantes et la formation pour l'entrepreneuriat social ont été identifiés comme des actions critiques en matière de politique. Selon un participant, seulement entre 6 et 7 % des PME en Italie utilise l'Internet pour le commerce électronique, accédant ainsi à un marché fragmenté au niveau européen, ce qui limite encore davantage le potentiel de croissance. Il doit être noté que tous les participants en Italie ont considéré l'intervention au niveau européen comme essentielle pour la création d'un véritable marché numérique unique.

En Espagne, les données d'enregistrement de noms de domaine fournies par un des participants a appuyé la conclusion de l'indice mondial des frictions numériques : avec un taux de 3,7 % des domaines actifs enregistrés (par rapport aux Pays-Bas avec une proportion de 50 %), et 70 % des entreprises espagnoles n'ayant pas de site Web, les données montrent comment le pays a certainement un potentiel d'amélioration énorme s'il profitait du potentiel économique de l'Internet.

Quelques questions clé, dont les réponses sont matière à réflexion, ont été posées lors de l'atelier espagnol et s'appliquent sans doute aussi à l'Italie : « les politiques publiques pourraient-elles, en créant des cadres fiscaux et réglementaires, aider à trouver des moyens pour engager les micro PME et encourager ainsi la croissance ? » « Dans un marché encore largement dominé par un groupe restreint de grandes sociétés, la collaboration entre les PME et l'administration publique faciliterait-elle leur croissance ? »

Un modèle de gouvernance pour le succès

Dans les deux pays, les participants ont coïncidé sur la nécessité d'une nouvelle gouvernance et d'une nouvelle approche organisationnelle qui reflète la dynamique de l'Internet, d'un modèle multipartite agile capable de répondre aux défis du développement rapide de l'Internet pour favoriser la croissance économique.

En Espagne, la discussion entre les participants de l'atelier a mis en évidence comment la bureaucratie et la taille du secteur public créaient de la friction dans son économie numérique. Le système d'approvisionnement, la complexité de la structure de l'administration publique et le modèle de gouvernance à différents niveaux augmentent la friction du marché numérique. Bien qu'il existe de grandes différences régionales dans le pays même, le rôle du secteur public pour répondre à la réalité de l'économie numérique doit aller au-delà de la seule priorité des investissements dans les infrastructures.

En conclusion :

une observation pertinente a été faite au cours des ateliers : le long de l'histoire, les gens ont toujours eu l'impression de vivre dans des temps exceptionnels, et probablement cela n'a jamais été plus vrai qu'aujourd'hui, car l'impact de l'Internet a certainement fait de nos jours une période historique exceptionnelle.

Les participants ont regretté que la narrative générale commune à l'Espagne et à l'Italie se concentre souvent sur les menaces, les industries perdues, les emplois et les défis avec une attitude rétrograde envers l'Internet, ce qui risque d'affaiblir son potentiel de créer d'immenses avantages.

Authors

Andrea Beccalli

Stakeholder Engagement Senior Director- Europe
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